Saorge éternel

Saorge éternel

Inconséquence des politiques

On dit que Michel Rocard est un grand homme, qu'il a eu le tort d'avoir raison avant tout le monde. En attendant, il a pris une belle revanche en réglant lui-même et pour sa dépouille mortelle un hommage aux Invalides, un discours au siège du PS... Belle preuve d'humilité. Voir  ICI une appréciation nuancée sur le bonhomme, obsédé par l'économie.

 

Cela devient récurrent dans les médias : une partie de plus en plus importante de la population française vit dans un désert médical. La cause, pas assez de médecins français, et ceux-là préfèrent se concentrer dans quelques endroits où ils peuvent faire de meilleures affaires. Notre département est plutôt bien loti, et la Vallée de la Roya avec la maison de Santé publique de Breil particulièrement bien soignée, j'ai eu l'occasion de m'en apercevoir et d'en apprécier le fonctionnement il y a quelques années. Merci le SIVOM de Breil, et merci Jo Ghilardi.

Mais pourquoi n'y a-t-il pas assez de médecins français ? Tout simplement parce que la première année de médecine est un concours, le nombre d'admis étant réglé par un numerus clausus défini par l'État dans chaque académie, suivant le nombre de médecins établis dans le secteur... En particulier, comme il y a beaucoup de  médecins dans les Alpes Maritimes, le numerus clausus est très bas dans notre académie... Et un bachelier niçois qui fait une première année de médecine doit affronter un concours dont le nombre de reçus n'est pas le dixième du nombre de candidats... Vous me direz qu'il peut aller à Marseille, à Strasbourg, dans tout autre académie où le rapport est plus favorable... Mais la loi n'impose à une université d'accepter des étudiants que s'ils ont passé le bac dans l'académie. Ce n'est donc ni simple, ni assuré.

 

Il y a quelques années, un député que j'avais l'honneur de fréquenter me demandait si j'avais des questions à lui suggérer pour les poser au gouvernement. Je lui ai vendu l'idée de réformer cette histoire de numerus clausus. À l'époque, je ne  pensais qu'à l'aspect de justice sociale pour les bacheliers locaux, je ne voyais pas encore l'effet de pénurie organisé par l'État. Je ne sais pas ce que mon député en a fait, mais je sais qu'il s'est activement occupé de la protection des buralistes frontaliers menacés par la hausse du prix du tabac en France... C'est évidemment plus porteur électoralement.

 

Bref, il s'est plus occupé de la propagation du cancer que de son traitement !



05/07/2016
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